Kisskissbankbank, « l’intermédiation »

Nouveau-né sur le Web, Kisskissbankbank joue les intermédiaires entre les artistes et leurs publics. Une relation qui mise sur la passion plus que sur l’intérêt commercial.

«Kissbanker». Le terme est récent, mais compte bien percer. Sur Kisskissbankbank, les internautes peuvent miser sur des artistes de leurs choix, et soutenir leurs projets. Le concept n’est pas nouveau, dirait-on. Pourtant, contrairement aux usages des labels communautaires, les gains sont immédiats, dès le montant atteint. Notamment à travers des bonus proposés par l’artiste, selon la mise des internautes. Et en cas d’exploitation commerciale du projet, les kissbankers se partagent un pourcentage du chiffre d’affaires, défini par le porteur du projet.

Plus réseau communautaire que label

Né le 3 mars dernier, après 6 mois de gestation, Kisskissbankbank (KKBB) se veut une plateforme d’« intermédiation » entre les artistes et leurs publics. «Nous ne sommes pas un label», précise Vincent Ricordeau, co-fondateur de KKBB. «Nous offrons aux artistes une plateforme où ils peuvent déposer leur projet, lever des fonds selon un montant qu’ils définissent. Et nous leur garantissons un contexte juridique où ils gardent 100% de leurs droits.» Depuis son lancement officiel, KKBB a levé plus de 35 000 euros pour ses projets. Le groupe Rafale est le premier à voir son projet de 5000 euros abouti à 112%.

Les artistes fixent eux-mêmes le montant du financement de  leur projet, sous réserve de la validation de KKBB. «Pendant 7 jours, une équipe est chargée d’évaluer le financement demandé par l’artiste, le temps nécessaire à lever ces fonds, ainsi que les bonus proposés au public», explique Vincent Ricordeau. Le plus gros projet (30 000 euros), c’est le lancement du prochain album de Cock Robin. Le groupe disloqué en 1989 s’est reformé en 2006 autour de ses deux membres originaux, Anna Lacazio et Peter Kingsbery. Le projet n’est pour le moment financé qu’à 8%.

Une affaire de passion et de bonus

Les bonus sont les gains immédiats des internautes. Ils vont de quelques titres de l’album en MP3, en cas de mise minimum de 10 euros, à un concert au domicile du kissbanker le plus investit. Partager des parts du chiffre d’affaires avec l’artiste fait partie des bonus, lesquels sont définis par les artistes eux-mêmes. Pour Vincent Ricordeau, promettre aux internautes des pourcentages sur le chiffre d’affaires des artistes est un attrape-nigaud. «De moins en moins d’artistes génèrent des chiffres d’affaires. L’exemple de Grégoire reste unique. Même sur les labels communautaires, les internautes n’obtiennent pas tous ces gains qu’on leur promet. Sur KKBB, les internautes récupèrent de toutes les façons leurs mises grâce aux bonus. C’est ce qu’il y a de particulier chez nous.»

KKBB se définit comme une plate-forme communautaire du genre Myspace ou encore Facebook, si ce n’est qu’elle permet aux artistes de lever des fonds. «Ce que nous offrons aux internautes, c’est la proximité avec les artistes et leurs projets, la possibilité de soutenir un projet et d’en faire partie», soutient Vincent Ricordeau. «Et l’artiste définit le pourcentage du chiffre d’affaires qu’il désire partager avec ses kissbankers, en cas d’exploitation commerciale du projet.»

Une entreprise plutôt rentable

L’entreprise se réserve 23% de commissions sur toutes les transactions financières. «Et plus le site grossira, plus notre commission diminuera», explique Vincent Ricordeau. «Pour l’instant, nous amortissons les coûts de construction. L’objectif est de descendre à 15% en mai, et à 12% fin 2010». Dès que la levée des fonds est validée, sur 10 euros investis par l’internaute, 6 euros sont transférés au projet. 2,3 euros vont sur le compte de KKBB, en terme de commission et frais de fonctionnements. Les 1,7 euros restant vont à la TVA. Une affaire plutôt rentable. KKBB projette aussi des films documentaires et travaille avec des développeurs de jeux vidéos. Tous les artistes dont les projets sont liées à l’art, la culture ou l’entertainment.

Si KKBB, à l’opposé des labels communautaires, ne promet pas des revenus substantiels aux internautes, il est clair que l’entreprise dépend à 100% du financement des particuliers. Ces derniers semblent se contenter de la reconnaissance de leur rôle dans l’aboutissement des projets. Serait-ce l’ouverture vers la gratuité de la production musicale ?

Lydie Betyna

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Une réponse à “Kisskissbankbank, « l’intermédiation »

  1. Intéressant…

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